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Les fausses croyances sexuelles des FEMMES

Date:  03-03-2016 Catégorie:  Séduction & Sexualité

Que n’a-t-on parcouru comme chemin en matière de libération sexuelle et pourtant les fausses croyances, les idées reçues, les tabous à ce sujet sont encore légions.

Mais qu’est-ce qu’une croyance et comment se forge-t-elle ?

Une croyance est une représentation que nous tenons pour vraie, une certitude sans preuve qui nous fait agir et réagir d’une certaine façon face à des personnes ou des événements. Elle est toujours en lien avec une problématique sociale et implique une assise collective. Cela sous-tend donc qu’il peut en exister des différentes, voire des contradictoires.

Les croyances ne sont pas la réalité mais sont notre réalité, et nous agissons de façon à provoquer ce à quoi l’on croit. Nous passons même notre temps à chercher des justifications pour nous conforter dans notre système de croyances, plutôt que de faire preuve de jugement et de réfléchir aux fondements de celles-ci en les confrontant à toutes sortes d’informations contradictoires ou objectives afin d’en vérifier leur bien-fondé. Nous y sommes d’autant plus attachés que nos croyances sont le fruit de notre éducation, de notre environnement social, culturel, religieux ainsi que de nos expériences négatives et positives.

Les croyances touchent tous les domaines, mais celles sur lesquelles nous nous arrêterons seront liées à la sexualité car elles sont souvent limitantes, et c’est à partir de certains postulats erronés ou de présupposés négatifs que nous appréhendons le monde de la sexualité.

Ces croyances limitantes agissent alors comme un virus de notre pensée.

La sexualité, érigée en « produit de consommation courante » se voit adossée à des normes et des diktats qui mettent une pression conduisant à l’échec et, nombre d’individus, ne se reconnaissant plus dans ces normes sexuelles, pensent qu’ils dysfonctionnent, voire se résignent.

Or, la sexualité est l’affaire de chacun en fonction de son histoire, elle ne fait et ne doit faire partie d’aucune norme.

Néanmoins, sans pouvoir dresser une liste exhaustive des fausses croyances à propos du sexe car elles sont singulières à chacun, il en existe certaines qui ont la vie longue au premier rang desquelles nous trouvons l’idée que le savoir-faire en matière de relations sexuelles est naturel.

Or, bien que tout le monde en parle beaucoup et librement, on ne sait pas grand-chose à ce sujet. P. Brenot, dans son livre Le Sexe et l’Amour, démontre que le sexe est appris par la culture et qu’il faut un apprentissage individuel et social en plus d’un équipement mécanique et fonctionnel.

La sexualité n’est pas innée, elle nécessite une éducation, un apprentissage, une connaissance de son corps et de celui de l’autre.

L’orgasme simultané est le garant d’une relation sexuelle réussie

Selon une étude pour un sondage Ipsos Santé-Laboratoires Lilly en juin 2004, plus d’un français sur 3 (35 ans et plus) pense que le plus important dans les rapports sexuels, c’est d’atteindre un orgasme ensemble, cela l’est encore plus pour les hommes.

Cela relève d’autant plus d’un mythe que peu nombreux sont ceux qui vivent cette expérience et pourtant c’est elle qui est érigée en norme.

Cela entraîne des difficultés pour les femmes qui ne jouissent pas sur commande et pour les hommes qui sont éjaculateurs rapides. Lorsque l’on s’intéresse à la physiologie de la réponse sexuelle chez l’homme et la femme, l’érection, témoin de l’excitation chez l’homme arrive beaucoup plus rapidement que la femme chez qui elle est progressive et nécessite, en général, des préliminaires (2 min versus 20 min.). De plus, l’homme parvient à l’orgasme 4 fois plus vite que la femme. Dans la plupart des cas, les relations sexuelles s’arrêtent dès l’éjaculation alors que les femmes ont à peine eu le temps de sentir l’excitation monter.

Parvenir à un orgasme simultané nécessiterait donc que l’homme sache parfaitement gérer son excitation et refouler l’éjaculation lorsqu’elle manque de se produire, également une communication bien établie dans le couple pour que la partenaire lui dise où elle en est.

Arrêter de focaliser sur l’orgasme à tout prix, à fortiori simultané, comme la seule expression de l’amour absolu, reste le meilleur moyen de l’atteindre.

Les hommes qui ne savent pas procurer de plaisir aux femmes sont de mauvais amants

Mais que serait un bon amant ? Cela dépend des attentes et des représentations de chacune ? Et cela ne se mesurerait-il qu’à sa seule capacité à la faire jouir dans ses bras ? Certes, si l’homme a de l’expérience et connaît bien le corps de la femme, il aura plus de facilités à savoir comment lui procurer du plaisir, mais cela ne suffit pas.

Cela supposerait que le seul savoir-faire de l’homme contribuerait au plaisir de la femme et donc qu’il serait l’unique responsable de son absence. Encore lui... le coupable !

Rappelons que l’accès à l’orgasme chez la femme est le fait d’une capacité d’abandon dans la relation, d’un lâcher-prise et aussi d’un savoir-faire et d’une bonne connaissance de son corps et de ses réactions sexuelles. Cela suppose que la femme ait exploré les trésors cachés de son sexe, au moyen de jeux auto érotiques, afin de découvrir comment accéder au plaisir. C’est donc en guidant l’homme dans la relation, en étant active dans l’acte, en jouant avec ses muscles vaginaux et périnéaux qu’un orgasme peut advenir. Cela nécessite aussi de n’être en attente ni de la performance à tout prix, ni que tout vienne de lui, mais active dans les ébats et centrée sur ses sensations, y compris les plus subtiles.

L’homme a plus de « besoins » sexuels que la femme

L’homme qui « ne pense qu’à ça », qui est toujours prêt au coït, est passé du statut de pervers à celui qui fait rêver, faisant de celui « qui ne pense pas qu’à ça » un homme douteux, voire malade.

L’homme, contrairement à la femme qui subit des variations hormonales qui influent sur son désir, a un désir toujours prêt à s’exprimer car l’érection est toujours inhibée et ne demande qu’à se réveiller.

Par ailleurs, les hommes étant en général très visuels, seront plus facilement sensibilisés à la vue de certaines parties du corps des femmes. Et l’excitation d’un homme est plus rapide et visible que celle de la femme, il s’en trouvera alors beaucoup plus réactif et expressif.

Mais que dit-on d’un homme qui aime le sexe, qui aime les femmes, et qui le dit ? Il passe pour un Don Juan, un séducteur. Or, une femme qui avouerait son amour du sexe, des hommes ou qui ne parlerait que de sexe passerait pour une femme légère, vulgaire, une garce, voire une nymphomane. Ne nous voilons pas la face.

Il serait donc faux d’affirmer que les hommes ont plus « besoin » de sexe que les femmes, car il est difficile de généraliser, les femmes ont autant de « besoins » que les hommes, elles peuvent juste parfois moins facilement l’exprimer.

Le mot besoin est mis à dessein entre guillemets car il n’existe pas de besoin impérieux et irrépressible de relations sexuelles en dehors de cas pathologiques.

Un homme qui n'a pas d'érection n'a pas de désir

On a coutume de confondre érection et désir, et de conclure qu’un homme qui n’a pas d’érection n’a pas de désir. La femme pense alors que si son compagnon n’a pas d’érection, c’est qu’il ne la désire pas et donc naît chez elle un sentiment d’être indésirable. Or, la réalité est bien plus complexe que cela.

Rappelons alors que l’érection est la manifestation de l’excitation, ce n’est pas du désir.

Le désir de l’homme, comme celui de la femme, est sous l’influence de ses cognitions, de ses émotions, sa physiologie, sa biologie, la qualité de la relation...mis à part s’il s’agit d’un déficit en testostérone avéré.

Un homme peut désirer infiniment une femme sans arriver à avoir une érection. La peur, l’angoisse, le manque de confiance peuvent entraîner une incapacité érectile. L’érection n’arrive donc pas sur commande même si elle peut être un réflexe… pour qu’elle soit de qualité, il faut un contexte d’excitation sexuelle, de complicité, de détente et de désir mutuel avec la partenaire.

Un homme qui éjacule trop vite ne sait pas se contrôler

Aujourd’hui, il est bien plus difficile d’être un homme qu’une femme car toute l’attention est portée sur sa capacité érectile, sa capacité à contrôler ses émotions afin de ne jouir ni trop vite, ni trop lentement d’ailleurs. Encore faut-il savoir ce que l’on entend par trop rapide ou trop lent ? Par rapport à quelle référence ?

Toujours est-il que l’on pense souvent que l’homme éjaculateur prématuré le fait exprès, qu’il devrait se contrôler et que s’il n’y arrive pas, c’est un manque de volonté. Il est important de rappeler que l’éjaculation est un mécanisme réflexe sous le contrôle du système nerveux, ce n’est donc pas une question de volonté mais un défaut d’apprentissage de ses réflexes sexuels, avec une incapacité à percevoir et à repérer les signaux de l’éjaculation imminente.

Plus l’homme sent poindre son éjaculation, plus il va se crisper et se contracter pour ne pas éjaculer, ce qui va accélérer le réflexe éjaculatoire.

Notons qu’un périnée faible peut aussi entraîner une impossibilité de contrôle de l’éjaculation.

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