CELIBATTANT

Addiction au sexe - PART 2

Date:  11-06-2016 Catégorie:  Séduction & Sexualité

Que celui ou celle qui avoue n’avoir jamais entendu parler des affaires sexuelles de Bill Clinton, JFK, Tiger Woods, David Duchovny, Hugh Grant, Michael Douglas, Berlusconi, et plus près de chez nous, DSK....lève le doigt.

Toutes ces personnes célèbres ont un point commun : d’être dépendants au sexe.

Bien entendu, parce qu’elles défraient la chronique, mais cela ne concerne pas que les « people ». On compte entre 5 et 6% la part de la population qui souffrirait de ce trouble.

Alors qu’on la nomme addiction sexuelle, hypersexualité, boulimie sexuelle, obsession sexuelle, dépendance sexuelle, sexualité insatiable, libido indomptable....dans tous les cas, c’est d’une personne en souffrance dont on parle, et donc d’une addiction sans substances où le sexe figure l’objet de dépendance.

Cette maladie, car c’en est une au même titre que la dépendance à l’alcool, aux drogues, aux jeux, se caractérise par une perte de contrôle de la sexualité avec poursuite du comportement pathologique malgré la conscience de son caractère inapproprié (dans sa fréquence et non dans sa nature). Il s’agit le plus souvent d’une compulsion au cyber sexe, à la pornographie, à la masturbation et non de comportements sexuels déviants entrant dans le champ des paraphilies (exhibitionnisme, fétichisme, pédophilie).

Ces activités sexuelles sont répétitives, frénétiques et envahissantes avec des personnes adultes consentantes, sauf si le dépendant sexuel souffre en plus d’une pathologie psychiatrique qui peut le conduire à des actes criminels pour assouvir ses besoins.

Ne nous méprenons pas, ce n’est pas la quantité de rapports sexuels qui fixe la limite entre le normal et le pathologique, car la fréquence est variable en fonction des individus et ne constitue pas une norme.

C’est la notion de souffrance psychologique et des conséquences sociales, professionnelles, familiales qu’entraîne le comportement sexuel compulsif et incontrôlable qui détermine la situation pathologique.

Les pensées sexuelles font irruption dans la tête du dépendant sexuel, elles deviennent obsédantes sans qu’il puisse les réprimer, mais le pousse plutôt à chercher comment les mettre en acte pour apaiser la tension qu’elles génèrent chez lui.

La satisfaction ressentie étant de courte durée, et la tolérance augmentant, tout comme les toxicomanes en manque, le drogué du sexe ressent des symptômes d’anxiété, de tristesse, d’irritabilité, et de vide existentiel insoutenables qui le poussent à rechercher rapidement et de manière obsessionnelle, de nouvelles stimulations sexuelles.

Ce nouveau « shoot d’excitation et de plaisir sexuel» lui permettra de soulager son état de tension et favorisera un état de bien-être temporaire. Et le cercle vicieux de tension/apaisement/ tension se met en place.

Cette tension est très douloureuse et le besoin de l’apaiser est plus fort que la culpabilité, la honte et le désespoir qui s’en suivent, même si la réponse paraît déraisonnable et inappropriée.

On a coutume de mettre en parallèle la compulsion au sexe avec la compulsion alimentaire.

Avide de sensations nouvelles, l’ « addict » sexuel est prêt à essayer toutes formes de sexualité et tous lieux pouvant lui procurer sa dose de plaisir immédiat (échangisme, mélangisme, triolisme, prostitués, saunas....).

Il ne recule devant aucun mensonge, aucune contrainte sociale, professionnelle, familiale ou matérielle pour apaiser son besoin de sexe, quitte à se mettre en danger, y compris d’un point de vue médical avec les risques de contaminations de MST.

Le « sex addict » est souvent poly dépendant avec l’alcool et/ou la drogue dont on connait les effets euphorisants et désinhibiteurs.

Le dépendant au sexe souffre d’une altération de son circuit de récompense et de régulation de ses émotions. En effet, lorsque la sécrétion de dopamine (molécule du plaisir et de la récompense) se fait impérieuse, c’est alors que le comportement sexuel compulsif s’installe et que la pathologie se chronicise.

Tout comme dans les pathologies liées à la consommation excessive d’alcool ou de drogues, la dépendance s’installe progressivement avec un besoin d’augmenter progressivement les doses pour obtenir l’effet souhaité qui s’estompe si l’intensité ne change pas.

Et tout comme l’alcool et les drogues, la sexualité de type compulsif a pour fonction d’être un antidépresseur et l’orgasme un anxiolytique naturel.

Célibattants n’hésitez pas à consulter si vous vous reconnaissez dans cette souffrance mêlant plaisir, tension, stress et dépendance.

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