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Testez votre dépendance sexuelle - PART 1

Date:  11-06-2016 Catégorie:  Séduction & Sexualité

Il s’agit souvent d’un homme (dans 80% des cas) vivant seul ou en couple, qui aurait tendance à s’ennuyer et qui serait avide de sensations nouvelles et inconnues. Sa demande sexuelle est permanente, urgente et frénétique.

Il n’est pas dans un registre de relations sexuelles à deux mais dans un acte purement mécanique où l’affectivité et les sentiments n’ont pas de place.

L’acte sexuel est donc le résultat d’un besoin sexuel plus que d’un désir, et l’autre, réduit au statut d’objet, n’est là que pour servir à l’assouvissement de son plaisir solitaire.

Il peut s’agir d’un homme qui, par timidité, manque de confiance en soi, manque d’estime de soi, par complexe ou encore maladresse, a fait peu de rencontres ou a vécu des expériences plutôt médiocres. Il a nourri son imaginaire d’images à caractères pornographiques en se masturbant mécaniquement sur une longue période.

Lorsqu’il rencontre une femme, c’est plus l’anticipation que l’acte lui-même qui va lui procurer du plaisir.

L’activité sexuelle est en général un acte purement coïtal, rapide, sans préliminaires et peu jouissif sans vraiment d’interactions avec la partenaire.

La dépendance au sexe a été théorisée dès 1886, par Krafft-Ebing, qui dans son Psychopathia Sexualis, faisait état d’ « hyperesthésie sexuelle » pour signifier une libido exacerbée et donc un désordre du « sens sexuel » provenant du cerveau. Son explication était que lorsque le centre cérébral était excité, le désir de satisfaction sexuelle se manifestait et les moyens d’apaiser les tensions se déclenchaient.

Plus tard, en 1945, Otto Fenichel, psychanalyste américain, décrivait l’existence de « toxicomanie sans drogue » et fit inscrire dans le DSM (manuel des critères diagnostiques des maladies mentales de l’Association des Psychiatres Américains) les « troubles du contrôle des impulsions ».

Comment les dépister ?

Le terme d’addiction sexuelle apparaît dans les années 70 aux Etats-Unis lorsqu’un patient du groupe thérapeutique des « Alcooliques Anonymes » révèle qu’en plus de l’alcool, il était dépendant au sexe.

Ce n’est que beaucoup plus tard que l’expression se développe avec les travaux de Patrick Carnes, psychologue français, dans son ouvrage de référence sur le sujet « Out of the shadows, understanding sexual addiction ».

Puis en 1989, la mise au point par ce même psychologue, référent en la matière, d’un test d’évaluation de l’addiction sexuelle – SAST – Sexual Addiction Screening Test dont voici les items.

1 – A-t-on abusé de vous sexuellement pendant l’enfance et l’adolescence ?

2 – Etes-vous abonné(e) ou achetez-vous régulièrement des revues érotiques ?

3 – Vos parents ont-ils eu des problèmes sexuels ?

4 – Etes-vous souvent préoccupé par des pensées sexuelles ?

5 – Avez-vous le sentiment que votre comportement sexuel n’est pas normal ?

6 – Est-ce que votre conjoint(e) s’inquiète ou se plaint de votre comportement sexuel ?

7 – Avez-vous du mal à arrêter votre conduite sexuelle, lorsque vous savez qu’elle est inappropriée ?

8 – Vous sentez-vous mal à l’aise vis-à-vis de votre comportement sexuel ?

9 – Est-ce que votre comportement sexuel a causé des problèmes pour vous-même ou votre famille ?

10 – Avez-vous cherché assistance pour un comportement sexuel que vous n’aimiez pas ?

11 – Avez-vous eu peur que les gens apprennent votre conduite sexuelle ?

12 – Avez-vous fait du mal aux autres émotionnellement par votre conduite sexuelle ?

13 – Certaines de vos activités sexuelles sont-elles hors la loi ?

14 – Vous êtes-vous promis à vous-même de cesser certains comportements sexuels ?

15 – Avez-vous fait des efforts pour renoncer à certains comportements sexuels sans y réussir ?

16 – Devez-vous cacher certains de vos comportements sexuels ?

17 – Avez-vous essayé de cesser certains comportements sexuels ?

18 – Pensez-vous que certains de vos comportements sexuels sont dégradants ?

19 – Le sexe a-t-il été pour vous une manière d’échapper à vos problèmes ?

20 – Etes-vous déprimé(e) après un rapport sexuel ?

21 – Avez-vous senti le besoin de cesser certaines formes d’activité sexuelle ?

22 – Est-ce que vos activités sexuelles ont perturbé votre vie familiale ?

23 – Avez-vous eu des rapports sexuels avec des mineurs ?

24 – Vous sentez-vous dominé(e) par vos désirs sexuels ?

25 – Pensez-vous que vos désirs sexuels sont plus forts que vous ?

L’addiction se révèle à partir de 13 réponses positives sur les 25, et le degré de dépendance est relatif au nombre de oui, donc plus il est élevé, plus la dépendance est sévère.

Aujourd’hui, l’addition sexuelle, addiction sans produit, figure dans le DSM V selon les critères diagnostiques définis ci-dessous par le psychiatre Aviel Goodman.

A. Fantasmes, pulsions sexuelles et comportements sexuels récurrents et intenses, pendant une période d'au moins six mois, en association avec 4 ou plus des 5 critères suivants:

1. Un temps excessif est pris par les fantasmes et pulsions sexuelles, et par la planification et l'accomplissement d'une activité sexuelle.

2. Se livrer répétitivement à des fantasmes, pulsions et comportements sexuels en réponse à des états d'humeur dysphorique (ex. anxiété, dépression, ennui, irritabilité).

3. Se livrer répétitivement à des fantasmes, pulsions et comportements sexuels en réponse à des évènements stressants de la vie.

4. Efforts répétés mais infructueux pour contrôler ou réduire de façon significative ces fantasmes, pulsions et comportements sexuels.

5. S'adonner répétitivement à une activité sexuelle en ne tenant pas compte du risque de préjudice physique ou affectif pour soi ou autrui.

B. Présence d'une détresse personnelle significative ou d'une altération dans les domaines sociaux, occupationnels ou autres domaines importants du fonctionnement associées avec la fréquence et l'intensité de ces fantasmes, pulsions et comportements sexuels.

C. Ces fantasmes, pulsions et comportements sexuels ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance exogène (ex. une drogue prêtant à abus ou un médicament).

D. La personne a au moins 18 ans.

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